FARO croque ZIZOU !
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- 30 déc. 2025
- 3 min de lecture
BANDE DÉSSINÉE - Et 1, et 2 et 3 Héros ! Le 12 juillet 1998, Faro,
mis en exergue dans le numéro 3 de Héros, dessinateur de talent œuvrant notamment pour L’Équipe ou France Football, est sur son nuage...

Sur son nuage... comme toute la France. Les Bleus viennent de terrasser les Brésiliens en finale de leur mondial. Et 1, et 2 et 3-0… Deux coups de boule (déjà) de Zidane et un but de Petit ont permis aux Français de danser la samba.
Les hommes d’Aimé Jacquet, en obtenant la première étoile du foot tricolore, ont décroché la lune. Et l’Hexagone ne touche plus terre.
La tour Eiffel est bleu, blanc, rouge. La France est black, blanc, beurre. Unie derrière cette équipe menée par Zinédine Zidane. Qui, ce jour-là, est devenu, autant officiellement qu’affectueusement, Zizou. Et, comme tous les Français, Faro en est tombé amoureux…

Zizou après Kylian
Et puis le temps a passé. L’Hexagone s’est trouvé un autre héros, venu de Bondy, qui a permis aux Tricolores de ramener la Coupe à la maison. Et la deuxième étoile au passage. Faro, lui, avait ainsi découvert un Kylian Mbappé à croquer. Alors, tout naturellement, il a planché sur une BD dédiée à ce génie du football qui ne correspond pas vraiment à l’image qu’il donne en dehors des terrains.
Évidemment, entre l’attaquant et Faro, un génie du dessin, l’ouvrage a connu un immense succès. Ne dit-on pas que l’amour est dans le trait ?
Pourtant, malgré tout, on revient toujours vers ses premières amours. Surtout si elles sont teintées d’une forte nostalgie… « J’avais gardé dans un coin de ma tête de raconter, un jour, Zizou, sa vie, ses exploits. L’expérience avec Kylian fut merveilleuse, mais Zidane, c’est davantage ma génération », souligne Faro. Hélas, si le dessinateur contacte à plusieurs reprises l’ancien numéro 10 des Bleus, il n’obtient pas de réponse. Jusqu’à la proposition de ses co-scénaristes, Gérard Ejnès, ancien rédacteur en chef de L’Équipe et de France Football, et l’avocat Alexandre Fievée. « Ils ont fait un travail de recherche monumental. Ils m’ont apporté de nombreuses anecdotes, tout autant d’histoires ». Faro devait alors remettre le métier sur l’ouvrage…
« La difficulté ? Le dessiner depuis l’enfance, tout en le faisant évoluer physiquement au fil des pages »

Et le métier, justement, accapare Faro. Au-delà de ses activités pour la presse, le revoilà à repartir à l’assaut d’une BD. « La presse, c’est une idée, un gag. Ça va très vite. La BD, on prend son temps, mais j’adore. J’essaye d’y apporter ma patte. Ce travail m’a pris 17 à 18 mois. Mais c’était nécessaire, le livre fait 200 pages et il y avait pas mal de choses à raconter ».
L’album « Zidane, l’histoire d’une étoile » est donc paru le 30 octobre dernier. Il aurait pu s’intituler « Le conte de fées de Zizou », celles qui se sont penchées sur le berceau de Zinedine dès sa naissance, le 23 juin 1972. Son prénom, déjà, en dit long. Zinedine issu de zīn ad-dīn signifie « splendeur de la religion ». Pas étonnant que tout un peuple ait eu foi en son héros. Mais avant d’en arriver là, Faro a dû raconter son enfance, dans la cité de la Castellane à Marseille, ses premiers dribbles, très jeune, qui lui permettaient déjà de rivaliser avec les plus grands sur la place de la Tartane ou dans la cour de l'école.
Son itinéraire, aussi, de Marseille à Madrid en passant par Cannes, où il fut repéré avant d’y effectuer ses débuts en pro, puis Bordeaux et Turin. Ses exploits, évidemment, sous le maillot bleu de la France, « un fabuleux parcours, souvent intime, d'un incomparable artiste dans un tourbillon d'émotions et de rires, parce que Zizou, c'est fou ».
« Et la difficulté se situait bien là, poursuit Faro. Le dessiner depuis l’enfance, tout en le faisant évoluer physiquement au fil des pages. Mais c’est aussi passionnant ».
Mbappé. Zidane. Comment se lancer dans un nouveau projet quand on a croqué les plus grands ? Le dessinateur fait une drôle de mine. Puis sourit… « J’ai deux ou trois choses qui vont arriver rapidement. Mais je préfère ne pas en parler, ce n’est pas encore clair ». Alors, on pousse plus loin. On lui donne « page blanche », comme d’autres donneraient « carte blanche ». « J’ai tellement aimé travailler avec Kylian, que j’adorerais faire une suite. Il y a encore tellement à dire », éclate-il de rire. Avant de conclure, plus sérieux : « Peut-être raconter l’histoire d’un club plutôt qu’un sportif. Pourquoi pas l’OGC Nice, moi qui suis Niçois ! »
« Zidane, l’histoire d’une étoile »,
Gérard Ejnès, Alexandre Fievée et Faro
200 pages
Éditions Jungle




