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RUBEN CHIAJESE : retour sur terre

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  • 30 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Après avoir surfé sur un lac népalais à 5 000 m d’altitude, le spécialiste des sports de glisse a pris son bâton de pèlerin pour traverser la Corse du nord au sud. Le GR20 en 10 jours. Sans artifice. 180 kilomètres à la force des mollets. Au mental.

 

Par THIERRY SUIRE

Photos : RUBEN CHIAJESE

Tous les chemins mènent en Corse. Ruben, vidéaste, influenceur et aventurier a le goût de l’ailleurs. Des défis. Une nature qui l’a propulsé dans les spots les plus insolites de la planète. Au Népal pour surfer sur un lac de haute altitude (lire Héros 6). En Norvège pour glisser au milieu de fjords glacés sous un ciel verdoyant. Ski, longboard, e-foil : c’est avec une planche sous les pieds que le jeune homme, installé à Saint-Laurent-du-Var, se sent à l’aise pour « courir » le monde. Des performances qu’il magnifie dans des vidéos suivies par une communauté de près de 100 000 personnes. Une vie connectée 24h/24 entre ses activités sportives et son métier de photographe-vidéaste. Et l’envie, soudaine, de faire une pause. Une rupture amoureuse, un mal-être sur lequel il peine à poser des mots. Le besoin de couper, de se ressourcer. Il décide de partir pour la Corse. Se met au défi de chevaucher l’île de Beauté. De suspendre le temps en suivant ce « fil tendu entre ciel et mer » : le GR 20. Parce que la traversée est mythique. Qu’elle est là, à un jet de pierre de sa Côte d’Azur. Parce que, « au-delà de la randonnée, c’est un rendez-vous avec moi-même ».

Cette aventure loin des sentiers battus n’a rien d’une évidence pour le Laurentin peu habitué à toucher le sol directement avec les pieds. « Fin 2024, je suis contacté pour participer en tant qu’influenceur aux

10 kilomètres de l’UNICEF à Paris. Comme je ne pouvais pas me rendre dans la capitale, j’ai proposé de le faire en étant connecté, depuis Antibes. Le souci, c’est que je n’avais jamais couru. J’ai commencé à m’entraîner : 500 m, 1 km, 3 km… J’ai rameuté pas mal de personnes qui me suivaient sur les réseaux sociaux, il y avait un vrai esprit d’équipe. Avec l’UNICEF Alpes-Maritimes, on a organisé la course connectée en partant du Fort Carré jusqu’à Biot. » Le virus de la course l’a piqué. Ruben allonge les distances et se met progressivement au trail, avec pour modèle Mathieu Blanchard, vainqueur de l’incroyable Yukon Arctic Ultra (600 km dans le grand froid canadien).

A chaque fois qu’il se connecte à la terre, l’influenceur s’éloigne des écrans. C’est cette soif de se rebrancher à lui-même qui le conduit, presque malgré lui, sur les sentiers rocailleux de Corse : « Il y des chemins qu’on ne choisit pas, ce sont eux qui nous appellent », avance le jeune homme dans une vidéo de présentation de son aventure. Pas besoin de partir à l’autre bout du monde pour vivre une aventure intense.

« Dès le début, le parcours te met à l’épreuve et te fait sortir de ta zone de confort.

La 2e étape est très dure, beaucoup ne vont pas plus loin. Tu as l’impression de ne pas avancer. » Ruben était parti pour une aventure en solo au milieu de la seule nature corse. « En fait, tout au long du GR, je n’ai jamais été seul. Dès la 2e étape, j’ai rencontré des personnes qui sont devenues de vrais amis et on ne s’est pas lâché jusqu’à la fin. On marchait ensemble, on mangeait ensemble. » Dans la difficulté, tout va plus vite. On échange, on se livre… et les amitiés se font plus fortes.  Les étapes se suivent. Jusqu’à 9 heures à fouler la terre et la roche corse. Les paysages défilent. « Tu passes dans des trous de souris, accroché à une corde, tu sautes un ruisseau, tu surplombes des lacs ». L’ancien paysagiste s’extasie devant des fougères arborescentes, pointe les salamandres tâchées jaune-noir. « Je n’avais jamais vu ça, je faisais un peu mon scientifique », rigole-t-il. Le petit groupe de randonneurs essuie un violent orage, une nuit dans un refuge. Au matin, le maître des lieux lui conseille de différer son départ. Quelques heures plus tard, au passage d’un ruisseau encore gorgé des eaux de pluie, Ruben mesure la sagesse de ceux qui savent. Qui connaissent leur nature. Leur pays. Dix jours durant, le Laurentin a pris le temps. Le temps d’admirer chaque paysage, le temps de souffler. De regarder derrière et de se projeter vers demain.

 

Un documentaire en préparation

Ruben prépare un documentaire de 52 minutes sur son

aventure sur le GR20. « Il y aura des images à couper le souffle de l’île, des instantanées de vie lors des repas partagés avec d’autres randonneurs… des moments où je me livre, où je me demande ce que je suis venu chercher ici. Ce documentaire, c’est l’occasion, enfin, de dire, face

caméra, que le sport m’a sorti d’une routine néfaste et de la dépression. »

 

 

Ses coups de cœur

> Le Monte Cinto, « c’est un moment fort de la traversée parce que, sur cette étape, du début jusqu’à l’arrivée tu ne fais que monter. Il y a beaucoup d’éboulis, tu peines à mettre un pied devant l’autre. En haut, tout le monde se félicite, même ceux que tu viens juste de rencontrer. »

> Le lac de Capitello : « Quand je suis arrivé, il y avait un voile de brume. Par moment je voyais le lac et puis il disparaissait. C’était incroyable de beauté. »

> Les aiguilles de Bavela : « On est parti très tôt le matin pour voir le lever du soleil sur les aiguilles. Tu te dis : waouh, c’est magnifique ! »

 

 

Photo Flavian Couvreur
Photo Flavian Couvreur
Son parcours
Photo Sébastien Botella
Photo Sébastien Botella

Ruben a décroché un BTS d’aménagement paysager au Lycée horticole d’Antibes puis une licence professionnelle. Il est concepteur-paysagiste. En parallèle, il monte une société de production audiovisuelle axée au départ sur les sports de glisse. « J’ai notamment filmé Marina Correia pour son run de championne du monde de longboard dancing free style ».

Très vite, c’est cette activité qui prend le dessus. Il rejoint l’agence de communication digitale « Maison David et Marcel », produit des vidéos pour Cap 3000. Fort de ses créations et de sa communauté sur les réseaux sociaux, il devient ambassadeur de plusieurs marques. 

Fan de sport de glisse, il découvre l’e-foil en lisant un article sur Aurélien Delahaye. Le courant passe. Les deux hommes deviennent amis. Et « un jour, après une session, on consulte nos réseaux sociaux et on flashe sur un post sur des aurores boréales en Norvège. On s’est compris en un regard. On monte le projet d’aller rider là-bas. Un an plus tard, on fait la même chose au pied de l’Everest. Ça me donne confiance en moi, dans mes capacités et, avec le treck d’approche, me donne le goût du dépassement de soi ».

 
 
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