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ERIC ROY, le rêve armoricain

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  • 29 déc. 2025
  • 8 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 déc. 2025

Le lundi 13 mai 2024

restera à jamais gravé

dans un coin de sa tête.

Ce jour-là, Éric Roy, coach

du Stade Brestois, reçoit

des mains du sélectionneur national Didier Deschamps

le trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1.

 


Par SÉBASTIEN NOIR

Photos : @ OGC NICE & Stade brestois 29


Beaucoup d’émotions, beaucoup de bonheur, à l’image de ce que je vis avec ce club », lance le Niçois, qui n’a pas changé. Aussi classe en dehors des terrains que sur la pelouse, il joue collectif : « À travers ce prix, c’est la récompense d’un club, le travail d’un staff, la performance des joueurs ».

C’est pourtant lui seul qui a pris les rênes d’une équipe relégable, emplie de doute, pour la mener, 18 mois plus tard, en Ligue des Champions !

Mais qui aurait misé une pièce sur ses chances ? Qui aurait parié sur Éric Roy ?

A cette époque, seul Grégory Lorenzi croit encore aux compétences d’entraîneur du Niçois, ancien milieu de terrain, directeur sportif, manager, directeur du marketing puis du développement, consultant télé ou encore organisateur de foot-volley. Mais qui n’a plus porté la casquette de coach depuis dix ans.

L’opération sauvetage est un véritable défi. Pour le club, 17e de Ligue 1 à son arrivée, le 3 janvier 2023, mais aussi pour le nouveau capitaine à la barre, monté sur le navire finistérien en péril sans équipage (aucun staff venu avec lui). Sa formation, de plus, est en plein doute. Enfin, le public ne croit plus aux chances des Brestois de sortir la tête de l’eau. Et, avouons-le, les supporters sont encore plus sceptiques quand ils apprennent qu’Éric Roy sera désormais aux manettes du Stade Brestois.

 

Un management participatif

et un maintien rapide

Dix-huit mois plus tard, Roy a été intronisé sur son trône par le peuple breton qui, désormais, l’adule tel un Dieu. Le Niçois réalise des miracles depuis son arrivée en terre armoricaine alors qu’avant, les Brestois multipliaient les pains. « Quand je vois ton jeu, je suis amoureux, quand j'entends ta voix, je suis Éric Roy », chantaient les supporters, à l'issue de la victoire contre Rennes le 28 avril 2023 qui propulsait le club sur le toit du football européen.

L’éclair niçois l’a transformé en un Brest du tonnerre et le village d’irréductibles Finistériens ne craint plus que le ciel ne lui tombe sur la tête. Même les bardes des médias spécialisés, mauvais augure à son arrivée, chantent les louanges de Éric le rouge… et blanc, l’assurance tous risques du Stade Brestois.

Le druide niçois a trouvé la potion magique. Mais quelle est-elle ? « Pour moi, le déclic a eu lieu lors du premier match. Nous recevions Lille. Nous avions été dominés, mais très déterminés. Nous avons tenu le nul 0-0 et, de mon côté, j’ai vu que nous avions la mentalité pour nous sauver ».

Éric Roy a changé la manière d’aborder les choses, il a responsabilisé les joueurs. Et l’adhésion a été totale.

« Je veux être dans un management participatif. Il faut que les joueurs décident entre eux le nombre de points qu’ils peuvent prendre avant une série de matchs, qu’ils y croient. C’est important qu’ils aient une visualisation de ce qu’ils sont capables de faire », explique le coach. « Il a toujours la volonté que les joueurs l’accompagnent, et pas dans quelque chose de strict, donc l’équipe l’a suivi naturellement, détaillait le milieu brestois Hugo Magnetti sur le site de la Ligue 1. A son arrivée, il nous a tous reçus un par un et j’ai senti une vraie écoute de sa part. Ce n’est pas du tout un entraîneur venu avec des idées arrêtées, et c’est ce qui a fait la différence selon moi. Il a changé le Stade Brestois ».

Ainsi, Éric a choisi de composer une tactique « autour de Franck Honorat, un ancien Niçois et l’un de nos meilleurs éléments. Nous avons opté pour un bloc plutôt bas et un jeu de transition. Nous avons réalisé une très belle seconde partie de saison. J’ai été très fier des joueurs. Nous avons obtenu notre maintien très rapidement (NDLR : Brest termine 14e avec neuf points d’avance sur le premier relégué) ».

 

La Ligue des Champions… grâce à Nice

Pas le temps de savourer, il faut reconstruire. Repartir sur d’autres bases quand Franck Honorat quitte le Finistère. Dessiner un autre schéma alors que Brest possède le 15e budget du championnat et un stade vétuste de 15 000 places. « Nous ne sommes pas Manchester ou le Real, éclate de rire Éric Roy. Alors, c’est comme dans les autres clubs, on doit s’adapter à l’effectif et tirer la quintessence des joueurs à disposition ». Là encore, on lui promet la fin de grille. Brest côtoie la pole position durant toute la saison. « Nous avons changé pour un jeu davantage dans les pieds, de construction. La dynamique de l’année précédente était toujours présente, elle s’est enclenchée naturellement. Nous avions fixé l’objectif du maintien. Il était acquis fin janvier. Alors, on s’est dit pourquoi ne pas viser plus haut ? »

A la fin de la saison, incroyable, Brest se bat avec Lille pour la troisième place, qualificative pour la prochaine Ligue des Champions. Et, ironie du sort, le bonheur viendra de Nice, qui, au bout du suspense, arrache le nul (2-2) dans le Nord et offre le dernier billet au club breton. Une fierté et une joie immenses. Mais, déjà, les premières interrogations pointent : « Allons-nous être à la hauteur ? Notre club ne va-t-il pas plonger à nouveau dans l’anonymat et le fond du classement ? Se battre encore pour le maintien ? Brest n’est pas destiné à jouer la Ligue des Champions, le risque de décompression était bien réel. Celui de tomber du piédestal également… »

 

« Les gens se souviendront toute leur vie qu’ils auront vu un Brest - Real Madrid, ça va marquer des générations »

Et pourtant… cette saison 2024-25 sera celle de l’apothéose. Tout débute lors du tirage au sort de la nouvelle formule la Ligue des Champions, au Grimaldi Forum de Monaco, où l'ensemble des participants évoluent désormais dans un groupe unique, chacun rencontrant huit adversaires.

Les joueurs du club petit Poucet, 36e à l'indice UEFA sur les 36 participants se voit désigner pour adversaires les deux géants espagnols, le Real Madrid et le FC Barcelone, et le champion allemand invaincu en championnat la saison précédente, le Bayer Leverkusen. Deux clubs autrichiens - Red Bull Salzbourg et Sturm Graz -, le club néerlandais du PSV Eindhoven, le tchèque du Sparta Prague et l'ukrainien du Chakhtar Donetsk complètent le tableau.

Là encore, les prévisions sont sans appel : « On nous promettait un zéro pointé, sourit malicieusement Éric Roy. Nous avons glané 13 points à la fin de la poule. Bien sûr, nous nous sommes inclinés lourdement face au PSG en 8es de finale, mais nous avons fait battre le cœur d’une région entière. Le seul regret est de n’avoir pas joué chez nous, même si nous nous sommes approprié le stade du Roudourou de Guingamp. Nous avons apporté un vent de fraîcheur. Nous pouvons être fiers : nous avons vendu chèrement notre peau face aux meilleurs joueurs, meilleurs entraîneurs de la planète. Nous sommes liés à jamais par ce qu’on a vécu, ces incroyables émotions. Quant à nos fans, les gens se souviendront toute leur vie qu’ils auront vu un Brest - Real Madrid, ça va marquer des générations ».

Alors, pas un jour sans que les supporters brestois, petits et grands, saluent Éric Roy. Un sourire, un geste, un mot…

« C’est une terre d’accueil, une terre de reconnaissance de mon travail. On reçoit beaucoup de témoignages… Aujourd’hui, je me plais beaucoup ici. Je ne sais pas ce que sera mon avenir, mais il y a cette reconnaissance, dans les deux sens. Ils m’ont tendu la main et je pense que je leur ai bien rendu aussi ».

 

« Entraîner Nice ? On ne sait jamais… »

Éric Roy a du sang rouge et noir qui coule dans les veines…

 

Celui du Cavigal, tout d’abord, club dans lequel il a été formé. Celui de l’OGC Nice, évidemment, qu’il a rejoint plus tard. Club où le milieu de terrain a débuté sa carrière le 26 novembre 1988 et l’a terminée en 2004. Comme son père, Serge, ancien attaquant vainqueur de la Coupe de France en 1960 avec l’AS Monaco et champion de France l’année suivante avec le club de la Principauté, qui avait définitivement rangé ses crampons en 1964 alors qu’il évoluait chez les Aiglons.  Niçois de naissance (le 26 septembre 1967) et de cœur, alors même qu’il avoue « ma ville, ma région me manquent, d’autant que je suis loin de ma famille », la question se pose évidemment sur son envie de retour sur la Côte d’Azur après sa réussite à Brest. « Dans la vie, on ne sait jamais. Mais je suis beaucoup le parcours niçois. Le club a réalisé une belle saison sous les ordres de Franck Haise, que j’ai connu à Lens et que j’apprécie beaucoup. C’est sympa de voir le Gym à ce niveau, même si je suis un peu déçu car j’aimerais qu’il y ait plus de Niçois au stade Allianz. Bien sûr, il y a des choses à améliorer, un actionnaire moins impliqué, mais un vrai et gros potentiel existe ».

Éric Roy en questions

  Vos meilleurs souvenirs ?

> J’ai bien aimé mes années lyonnaises ou marseillaises, disputer des coupes d’Europe, vivre l’atmosphère de la finale de l’UEFA avec l’OM face à Parme en 1998-99, malgré la défaite. Mon passage en Angleterre également. Mais mon meilleur souvenir restera ma dernière année à Nice, avec une incroyable équipe faite de bric et de broc. Nous avions échoué d’un point pour le titre de champions d’automne, mais c’était la ferveur, la fusion lors de chaque match disputé au Ray ! Incroyable et si fort en émotions…

 

 Vos pires souvenirs ?

> Mes blessures qui m’ont empêché de profiter de mes meilleures années, de participer à la demi-finale UEFA face à Bologne et à la finale de Moscou, face à Parme. Ce fut des moments très difficiles.


 Les coéquipiers qui vous ont le plus impressionné ?

> Au début de ma carrière professionnelle à Nice, Daniel Bravo. A l’OM, Laurent Blanc, Florian Maurice à Lyon. Et puis, quelqu’un que peu de gens connaissent, Kévin Philipps. A Sunderland, il avait inscrit 30 buts lors de la saison 1999-2000, fini meilleur buteur du championnat et obtenu le Soulier d’Or !

 

 L’adversaire ?

> Zizou bien sûr ! J’avais joué face à lui quand il évoluait à Bordeaux, avant son départ en Italie. On voyait déjà le joueur qu’il allait devenir.

 

 L’entraîneur qui vous a marqué ?

> Tous ! Je m’aperçois aujourd’hui tout ce qu’ils m’ont apporté, la façon de gérer un groupe en restant toi-même. Courbis, Jean Fernandez, Jean Tigana, Carlos Bianchi, tous très différent mais très intéressant. Ça te construit.

 

 L’anecdote ?

A l’époque, avec l’OM, on se tirait la bourre avec Bordeaux. Courbis avait quitté Bordeaux pour l’OM durant l’intersaison.

La veille du match en Gironde, Rolland nous rassemble et nous

explique : « J’ai enterré dans le rond central une amulette porte-bonheur conseillée par un marabout à Ibrahim Ba. Il faut l’enlever »

On a cherché et on l’a déterrée. C’était comme si on avait gagné la rencontre avant de la jouer. Le lendemain, on en a pris 4 (4-1). Je n’étais pas superstitieux, et cette anecdote m’a conforté dans ce sens », explose-t-il de rire.

 

Du tac au... tacle

  Un moment de la journée ?

> Le matin, tôt. La vie appartient à ceux qui se lèvent tôt.

 Un objet ?

Le téléphone. Malheureusement…

 Un instrument de musique ?

> La batterie. Je connais un très bon batteur, Jérôme Alonzo (rires).

 Un art ?

> La danse. Ma fille est danseuse…

 Un plat ?

> Le couscous.

 Un dessert ?

> La mousse au chocolat.

 Une boisson ?

> L’eau.

 Une odeur ?

> Celle du gazon coupé.

 Un mot ?

> Résilience.

 Un verbe ?

> Aimer.

 Une chanson ?

> The Graduate, de Simon and Garfunkel. C’est la BO du film « Le Lauréat ».

 Un film ?

> Le nom de la rose.

 Un livre ?

> L’art de la guerre

 Une qualité ?

> L’humilité.

 Un défaut que vous détestez ?

> L’irrespect.

 Une couleur ?

> Le noir.

 Un personnage ?

> James Bond.

 Un chiffre ?

> Le 9.

 Un bruit ?

> La clameur d’un stade.

 Une devise ?

> Un mal pour un bien.

 
 
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